Le financement en Royalties

23 avril 2020 Cédric Dubucq

Le financement en royalties, une alternative judicieuse pour les investissements en cette période de crise

La situation actuelle due au Covid-19, nous invite à repenser nos modes de vie afin de prévenir et gérer au mieux cette crise sanitaire majeure. Les entreprises doivent s’adapter à cette situation exceptionnelle et évolutive pendant laquelle un arrêt d’activité totale ou partielle peut être fatal. Il est capital que cette crise sanitaire ne se transforme pas en une crise économique à l’échelon national et mondial. Pour ce faire, les entreprises doivent repenser leur organisation tant sur les aspects humains que financiers ou fonctionnels.

Le gel des investissements par les investisseurs et fonds d’investissement peut compromettre les espoirs de reprise économique des entreprises. En ce sens, le royalty crowdfunding ou financement en royalties s’avère une bonne alternative au célèbre venture capital. Le venture capital, capital-risque en français, est une prise de participation par un ou plusieurs investisseurs au sein de sociétés non cotées. Les investisseurs investissent par ce biais dans des sociétés ayant besoin de capitaux afin de financer leur démarrage et leurs premières recherches. Dans ce mode de financement les investisseurs sont rémunérés essentiellement par la plus-value qu’ils réalisent au moment de la cession de leurs titres. En raison du climat d’inquiétude générale, les investisseurs sont frileux et les investissements se font rares.

Le financement en royalties représente une bonne alternative en cette période de crise, puisqu’il consiste en un investissement en contrepartie d’une redevance calculée en pourcentage du chiffre d’affaire versée aux investisseurs. Cela leur permet de mobiliser des investisseurs sans diluer leur capital, et de reverser des montants proportionnels à leur chiffre d’affaires.

Ce mode de financement s’adapte aux aléas de la vie des entreprises. En période de crise et de baisse d’activité, les redevances seront diminuées, restant toujours proportionnelles au chiffre d’affaires réalisé. En période de croissance, les redevances seront plus importantes.

Ce mode de financement est peu connu en France mais commence à se développer sur le marché de l’investissement participatif. Le financement en royalties est accessible sur des plateformes en ligne. A titre d’exemple, We Do Good, une plateforme nantaise précurseur dans le financement en échange de royalties, a franchi en 2019 le palier des 4 millions d’euros levés en royalties depuis sa création, avec plus d’1,8 millions d’euros récoltés sur la seule année 2019.

Dans un tel contexte de crise et de ralentissement de l’activité économique, le financement en royalties ce doit d’être privilégié. De nombreux projets peuvent être financés en royalties car ce modèle est adapté à des entreprises venant de domaines très variés (commerce, services, industrie…) et le public ciblé est très large car ce mode de financement est accessible à toute personne souhaitant investir la somme de 10 euros minimum. De nombreuses réflexions sont en cours en raison du besoin de financement auquel doivent faire face les entreprises françaises et le financement en royalties nous parait idéal.

 

Par Cédric DUBUCQ et Samia MANSAR