Les Legaltechs

La croissance et le développement des startups a explosé ces dernières années. Chacune d’entre elles ont des objectifs très différents et interviennent dans tous les domaines, et notamment le domaine de la finance avec le développement des Fintech. Celles-ci utilisent la technologie afin de développer et d’améliorer des services d’ordre financier. Par ailleurs, le domaine du droit est également impacté par ces startups, et notamment avec la création des Legaltech.

Les Legaltechs

Qu’est ce qu’une legaltech ?

Les legaltech sont des entreprises utilisant la technologie au profit du droit. Le but de ces startups juridiques est d’instaurer des moyens permettant de faciliter et d’automatiser les taches chronophages, normalement faites par les professionnels. Ce type d’entreprise cherche donc à optimiser la productivité des professionnels, mais aussi à limiter les erreurs humaines qui peuvent être commises.

Dans quel domaine les legal tech opèrent elles ?

Le marché de la legaltech a trouvé ses origines aux Etats-Unis, dominé d’ailleurs par trois legaltech américaines à savoir Hub avocat, Lawcracy et Rocketlawyer. La France est bien placée au sein de ce marché, notamment avec Predictice, Captain Contrat, ou Legal Start.

Si l’expression legaltech définit une entreprise innovante utilisant de la technologie au sein du domaine juridique, celles-ci sont loin de se ressembler et poursuivent des objectifs très différents. Les techniques et les produits technologiques utilisés ne sont donc pas similaires.

Les legaltechs peuvent être regroupées en trois catégories, selon leur domaine d’action :

  • La production
  • Le partage
  • La prise de décision

Captain Contrat

Concernant la production, il existe comme exemple Captain Contrat dont l’objet est de générer automatiquement la rédaction d’un contrat suite aux réponses données par le client à un questionnaire. Le logiciel est basé sur un algorithme qui génère automatique le contrat.  Le contrat est bien évidemment relu par l’avocat. Cependant celui-ci aura un cout bien plus faible car l’avocat y aura consacré un volume horaire bien moins important que pour un contrat classique. Cependant, l’automatisation des documentations juridiques n’en est encore qu’à ses débuts, faisant présager une transformation du rôle des professionnels du droit.

Call a lawyer

Concernant la fonctionnalité de partage, il existe la startup Call a lawyer : il s’agit d’une application mobile de la legaltech qui permet d’obtenir rapidement un rendez-vous téléphonique avec un avocat. La start-up souhaite d’un côté faciliter et démocratiser l’accès au droit, et de l’autre permettre à de jeunes avocats d’être mis en relation avec des clients.

Predictice

Concernant enfin la prise de décision, la legaltech Predictice permet de calculer la probabilité de succès d’un litige, et d’adapter les arguments et la stratégie en conséquence.

Au vu des différentes fonctions des legaltechs et du développement exponentiel des intelligences artificielles au service du droit, une question peut se poser. Les avocats seront-ils remplacés par des robots ?

La legaltech : amie ou ennemie de l’avocat ?

Aujourd’hui, une part de l’activité des avocats risque de disparaître, du fait de l’évolution de la technologie.

Les algorithmes ont la capacité de répondre très vite, pour un coût relativement négligeable à un ensemble de tâches et de questions usuelles. De manière évidente, les plus petites structures, auront une difficulté à répondre à la concurrence d’un robot qui permettra de rédiger un contrat simple, de faire des recherches juridiques etc., d’une manière beaucoup plus rapide qu’une équipe humaine.

Cependant, toute l’activité juridique dans son ensemble n’est pas à risque. En effet, l’expertise juridique de l’esprit critique apportée par un être humain sera toujours une plus-value conséquente, et il n’existe pas encore de robot capable de faire une plaidoirie convaincante ! Mais cela va obliger les avocats à étendre leurs champs d’activités, et à redéfinir les contours de leurs métiers.

Il ne fait aucun doute que le phénomène aura un impact positif sur l’accès à la justice. En effet, les honoraires des avocats couteront moins chers, et le droit sera plus prévisible, avec une meilleure sécurité juridique. Ces startups ne font que répondre à une demande croissante des avocats, dépassés par une complexification du droit et un amoncellement de jurisprudences. Elles répondent aux impératifs du monde des affaires, et permettront, sûrement, d’en améliorer le domaine juridique.